Nous contacter

Réintroduire le temps dans l’architecture

Réintroduire le temps dans l’architecture
L’architecture contemporaine a perdu le temps.

Non pas le temps de construire, mais le temps comme dimension vivante.

Nous concevons aujourd’hui des bâtiments pensés pour fonctionner de manière identique toute l’année, indépendamment des saisons, de la lumière, du climat et des rythmes du corps. Cette recherche d’un usage permanent a progressivement déconnecté l’architecture du vivant, au point de devoir compenser par la technique ce que l’espace ne dialogue plus avec le temps.

Or le temps n’est pas un paramètre secondaire.

Il est une matière invisible de l’architecture. Pendant des siècles, orientation, pente, parcours et relation à l’eau permettaient de rendre lisible le cycle annuel sans horloge ni discours. Marcher, monter, traverser un seuil, c’était déjà habiter le temps. Les lieux savaient s’ouvrir à certaines périodes, puis se mettre en retrait à d’autres. Non par manque de moyens, mais par justesse.

Aujourd’hui, nous faisons l’inverse : nous forçons les usages, effaçons la saisonnalité, cherchons à tout activer en permanence. Cette logique a un coût énergétique, mais surtout culturel.
Réintroduire le temps dans l’architecture, c’est accepter que tout ne soit pas actif tout le temps.

C’est concevoir des espaces qui savent quand s’ouvrir et quand se taire.
C’est passer d’une logique de performance continue à une logique de justesse.

Dans un monde en quête de sens et de sobriété, l’architecture a une responsabilité majeure : réapprendre à l’humain à habiter le temps, et pas seulement l’espace.